La récente tempête qui a frappé plusieurs villages de Fanta continue d’alimenter les débats. Pour Abdoul Rahimi Baldé, témoin de l’histoire et observateur attentif des réalités locales, les dégâts causés par ce vent violent ne sont pas le fruit du hasard. Selon lui, la destruction progressive de l’environnement a fortement contribué à amplifier les conséquences de ce phénomène naturel.
Abdoul Rahimi Baldé explique les causes du vent violent à Fanta
Pour Abdoul Rahimi Baldé, les principales menaces qui pèsent sur l’environnement sont les feux de brousse et l’abattage excessif des grands arbres. Ces pratiques, souvent motivées par les intérêts de quelques individus, finissent par avoir des répercussions sur des centaines, voire des milliers de personnes.
Selon lui, certaines décisions profitent à deux ou trois personnes seulement, mais les conséquences sont supportées par toute une communauté. Lorsque les arbres disparaissent, c’est l’équilibre naturel qui est fragilisé.
Le rôle protecteur des grands arbres face aux vents violents
D’après les anciens, les vents puissants qui traversent la région proviennent généralement du Fouta. En traversant les montagnes et les vallées, ils gagnent en vitesse avant d’atteindre les zones habitées.
Autrefois, les grands arbres et les forêts denses jouaient un rôle essentiel. Ils constituaient une barrière naturelle capable de ralentir la force du vent et de limiter les dégâts.
« Toute chose qui avance sans frein devient dangereuse », rappelle Abdoul Rahimi Baldé.
Aujourd’hui, cette protection naturelle a fortement diminué à cause de la disparition des gros arbres qui servaient de remparts contre les intempéries.
Des espaces autrefois protégés aujourd’hui dégradés
Dans le passé, certains espaces boisés étaient considérés comme sacrés ou protégés. Les anciens interdisaient toute coupe dans ces zones qu’ils qualifiaient parfois de lieux hantés.
Cette croyance contribuait à préserver de nombreuses espèces végétales et à maintenir un couvert forestier important.
Cependant, avec le temps, ces espaces protégés ont disparu ou ont été fortement dégradés. Plusieurs de ces sites sont aujourd’hui totalement déboisés.
Pour Abdoul Rahimi Baldé, cette situation explique en partie pourquoi les vents causent désormais autant de dégâts dans les villages.
Les feux de brousse, une menace pour l’environnement selon Abdoul Rahimi Baldé
Parmi les facteurs qui contribuent à la dégradation de l’environnement, les feux de brousse occupent une place importante.
Chaque année, notamment entre février et mars, de vastes superficies de végétation sont détruites par les flammes. Pendant cette période, la chaleur et la sécheresse rendent toute intervention particulièrement difficile.
Ces incendies éliminent les jeunes pousses qui devraient remplacer les arbres disparus. Ils empêchent ainsi le renouvellement naturel de la forêt et accentuent la vulnérabilité des populations face aux catastrophes naturelles.
Des conséquences visibles dans plusieurs villages
Les conséquences de cette déforestation sont désormais perceptibles.
Lors du récent vent violent qui a frappé Fanta, plusieurs habitations ont subi d’importants dégâts. Des maisons et des cases ont été décoiffées sous la puissance des rafales.
Pour Abdoul Rahimi Baldé, il existe un lien direct entre ces destructions et la disparition progressive des arbres qui protégeaient autrefois les localités.
Lorsqu’un arbre est coupé pour satisfaire un besoin immédiat, les conséquences peuvent être supportées par toute une communauté.
« Les affaires de deux personnes peuvent parfois se régler au détriment de centaines d’autres », déplore-t-il.
Abdoul Rahimi Baldé revient sur le rôle des grands arbres
Face à cette situation, Abdoul Rahimi Baldé appelle à une prise de conscience collective.
Selon lui, les générations précédentes avaient compris l’importance de préserver la nature. Les grands arbres qui existent encore aujourd’hui ont été plantés par nos parents et grands-parents, qui pensaient déjà à l’avenir.
À notre tour, estime-t-il, nous avons la responsabilité de reconstituer le couvert végétal.
Partout où un grand arbre a disparu, de nouvelles plantations devraient être réalisées afin de garantir la protection des générations futures.
Pour lui, planter un arbre est un acte de responsabilité et de prévoyance. Une personne âgée de 60 ou 70 ans qui plante un arbre aujourd’hui le fait avant tout pour ceux qui viendront après elle.
Restaurer le couvert végétal, une nécessité
Abdoul Rahimi Baldé insiste également sur l’importance de restaurer les espaces dégradés.
Lorsqu’un grand arbre disparaît, il devrait être remplacé par plusieurs jeunes plants. Comme dans une famille où un successeur prend la relève après le départ d’un aîné, la nature a besoin d’être renouvelée pour survivre.
Sans cette relève, les paysages changent progressivement et les générations futures risquent même d’ignorer qu’une forêt existait autrefois à certains endroits.
Le jeune arbre d’aujourd’hui devient le grand arbre de demain. C’est pourquoi chaque plantation représente un investissement pour l’avenir.
Renforcer la lutte contre les feux de brousse
L’ancien témoin regrette également le relâchement observé dans la lutte contre les feux de brousse.
Autrefois, explique-t-il, personne ne prenait à la légère les incendies de végétation. Les populations se mobilisaient rapidement pour empêcher leur propagation.
Aujourd’hui, beaucoup considèrent encore ces feux comme des événements ordinaires alors qu’ils constituent une menace sérieuse pour l’environnement, l’agriculture et la sécurité des populations.
Pour Abdoul Rahimi Baldé, la lutte contre les feux de brousse doit redevenir une priorité collective.
Un appel à la responsabilité collective
À travers son témoignage, Abdoul Rahimi Baldé invite chacun à réfléchir aux conséquences de ses actes sur l’environnement.
La préservation des arbres, la lutte contre les feux de brousse et la restauration du couvert végétal ne concernent pas uniquement les autorités. Elles relèvent également de la responsabilité des citoyens.
Selon lui, les dégâts causés par le vent violent à Fanta doivent servir de leçon. En protégeant la nature aujourd’hui, les communautés pourront mieux faire face aux défis climatiques de demain.
Conakry, le 09 juin 2026.


